Une envie d’organiser un voyage humanitaire, et de découvrir le Cambodge … et c’est ainsi que nous, 5 étudiants en médecine, sommes partis à la recherche d’une association.
C’est par internet que nous avons découvert Taramana. De mails en coups de fil avec Jocelyn, les quelques mois d’organisation du projet sont bien vite passés et nous voici déjà mi juin en route
pour le Cambodge.
Tout a commencé à
l’aéroport de Phnom Penh. Dès notre sortie de l’avion, cinq enfants de l’association et leur professeur d’anglais étaient là pour nous accueillir. Et quel accueil !!! Difficile de ne pas les
remarquer, ils étaient tous habillés avec le T-shirt et la casquette Taramana ! En cadeau de bienvenue ils nous ont offert à chacun un bracelet de jasmin.
Dans le minibus sur le chemin de l’hôtel, les enfants nous étonnent à chaque minute un peu
plus. Ils sont tous capables de se présenter en anglais et pour les plus grands en français aussi. Après nous avoir posé tout un tas de question, commence alors une séance de chant comme on
n’aurait jamais pu l’imaginer à tant de kilomètres de chez nous.
Les enfants ont un répertoire de chansons françaises et anglaises qui, on peut le dire,
nous a laissé sans voix pendant quelques minutes. Ils étaient tous fiers de nous montrer leurs connaissances et en profitaient déjà pour nous enseigner quelques mots de
khmer.
A peine arrivés à l’hôtel, Tinath nous propose de venir visiter dès l’après midi les
locaux de l’association.
C’est avec beaucoup d’émotion que nous arrivons à Boeng Salang, quartier construit de part et d’autre d’une
voie ferrée. Une chose est sûre, tout cela était très loin de ce que nous avions pu imaginer. Nous sommes accueillis par les sourires des habitants et surtout
des enfants, ainsi que des« hello » et des « bonzour » qui fusent de tous les côtés alors que Tinath nous emmène vers la maison sur pilotis qui sert de salle de classe à
l’association.
Lors de notre arrivée un cours de français se termine, Tinath prend la suite avec un cours
d’anglais auquel il nous propose
d’assister. Les enfants sont vifs, bon nombre de mains sont levées à chaque
question posée par le professeur. A la demande de Tinath et à la plus grande joie des enfants, Raphaëlle prend la suite du cours pendant quelques minutes les interrogeant sur le texte qu’ils
viennent de lire. Difficile de choisir parmi tous ces « tcher » !!! (Interjection qu’utilise les élèves pour appeler leur professeur : teacher en anglais). Il faut l’avouer
nous sommes particulièrement bluffés par leur niveau général d’anglais.
A la fin du cours d’anglais il fait déjà nuit noire et les enfants rentrent chez eux en
nous saluant malicieusement d’un « à demain à deux pieds ».
Suite au succès de Raphaëlle, Tinath nous propose d’assurer quelques cours de français. Au vu de nos interventions qui ne pourront se dérouler que sur un mois nous décidons de
créer un Pictionnary pour enrichir leur vocabulaire français/anglais à travers des images d’objets du quotidien. Le dessin est une langue universelle! (Enfin tout dépend de celui qui
dessine…)
Chacun y va de son imagination, des tongs au ventilateur en passant par la noix de
coco!
Voici finalement un jeu assez polyvalent. Chaque heure est consacrée à l’apprentissage de
la prononciation et de l’orthographe d’une série de mots et se termine de façon ludique. Les enfants s’opposent par équipe. Un beau dessin reconnu par les coéquipiers est un point de
gagné !
Le premier dimanche (seul jour de la semaine où il n’y a pas cours),
nous avons organisé notre première matinée d’animation, pour apprendre à connaitre les enfants. Tous nous attendaient et étaient impatients de commencer. Tinath ne pouvant être présent toute la
matinée, il a rapidement fallu trouver des moyens pour expliquer les règles des nouveaux jeux que nous voulions introduire. Nous nous en sommes sortis avec quelques mots d’anglais et quelques
gestes, les plus grands réexpliquant aux jeunes les règles en khmer. C’est fantastique de voir combien ils comprennent vite !
Au programme : les chaises musicales, des parties de jungle speed, de dominos, de
chat perché, de chef d’orchestre, 123 soleil… et bien sûr, à la demande des enfants, la salle de classe s’est transformée en boite de nuit (ah la
Macarena et le Madison !!!).
Après cinq heures d’animation et un bon nombre de litre d’eau en moins, les enfants en demandaient
encore alors que nos corps ne suivaient plus (il faut dire que venant de la région parisienne, nous ne sommes pas super résistants à la chaleur).
Quelques jours plus tard, Jocelyn retourne en France. Son départ nous laisse dans un
premier temps quelque peu désemparés. Même s’ il nous avait fait part en quelques jours d’un bon nombre de ses connaissances sur l’association et la culture cambodgienne, la communication avec
Tinath n’a pas été facile. Le « non » n’existant pas au Cambodge, il est difficile de savoir si notre interlocuteur nous a compris ! C’est pourquoi dans les premiers temps,
plusieurs de nos idées sont tombées à l’eau.
Afin de vraiment prendre part au quotidien des enfants Tinath nous a proposé de l’accompagner avec neuf
enfants de Taramana dans l’association australienne Cambodia World Family. Celle-ci procure gratuitement des soins dentaires à un grand nombre d’enfants déjà pris en charge dans différentes
associations de Phnom Penh.
Sur place nous avons pu constater les limites des soins dentaires dispensés aux
enfants : en France, pour soigner un abcès, on donne des antibiotiques pendant deux jours avant d’intervenir. Ici, ce n’est pas réalisable et le dentiste arrache la dent
directement !
Malgré l’anesthésie, ces soins sont très douloureux pour les enfants qui font preuve d’un
grand courage. Il faut préciser que chacun des enfants s’est fait arracher au moins une dent. A une dent par visite on espère juste qu’ils ne vont pas trop souvent chez le dentiste ! Tinath
quant à lui se trouve une nouvelle vocation de dentiste et, les outils en main (un marteau et une pince) nous propose gratuitement ses services.
Cette visite nous a fait prendre conscience de l’état catastrophique de leurs dents. Mais
ce n’est pas tout. Leurs habitudes alimentaires sont elles aussi déplorables : sur les trajets aller et retour en tuk tuk, nous avons vu défiler un nombre de bonbons
incalculable!
C’est alors que nous avons décidé de reprendre avec les enfants les gestes simples qu’ils peuvent faire
pour protéger leurs dents.
S’organise alors un grand brossage de dents collectif qui devient un rituel à chacun de
nos passages à Taramana.
Mais c’est en cherchant à monter un projet de prévention Sida que nous avons été le plus
confrontés a des problèmes d’organisation. Nous ne pouvions rien commencer de sérieux sans avoir un minimum de support en khmer. Pour se faire nous avons contacté diverses associations s’occupant
de ce problème au Cambodge (FRIENDS, PSF, RHAC, Marie Stopes, la Croix Rouge française…).
Le temps d’obtenir un rendez vous dans chacune de ces associations et de récupérer
questionnaires, affiches et conseils, notre première séance de prévention a mis du temps à se mettre en place.
Mony, interne en pédiatrie, nous fut d’une précieuse aide en traduisant le contenu des
documents et, lors de la préparation de la première séance, en choisissant avec nous les thèmes principaux sur lesquels nous allions centrer la
prévention.
Cela n’a pas été une mince affaire car notre message devait être adapté aux jeunes de Taramana
entre 13 et 16 ans.
Notre séance de prévention a finalement eu lieu le dimanche 7 juillet, jour de
distribution du riz aux enfants de Taramana. Nous avons alors organisé tout un programme (brossage de dent, prévention Sida, animation,…), mais c’était sans compter les traditionnels imprévus de
dernière minute!
Après bon nombre de péripéties, nous mettons en place deux groupes, d’un côté les plus
jeunes qui font des activités ludiques avec Mélanie et de l’autre les adolescents pour la prévention avec l’aide de notre chère Mony.
Les jeunes sont très réceptifs. A notre grande surprise les filles se prennent au jeu et
participent beaucoup plus que les garçons. Certains posent de nombreuses questions, d’autres sans doute plus timides se contentent d’écouter. Pour conclure cette séance, nous proposons une petite
démonstration de la pose d’un préservatif sur les bananes que nous avions achetées au marché. Contrairement à ce que nous pensions, il y a eu peu de rires moqueurs et de gênes ; certains
courageux garçons et filles vont jusqu'à essayer à leur tour !
.
Cet enthousiasme chez les enfants, nous l’avons rencontré à maintes reprises notamment
lorsqu’on leur a proposé d’entrer dans la peau d’un photographe.
En effet, profitant de démarches auprès de nos mairies pour des subventions, nous avons
établi un échange entre une classe de CM1 de Cachan (94) et les enfants de Taramana.
Dans ce cadre nous avons pensé créer un album retraçant les différents moments de la
journée type d’un enfant français, les photos ayant été prises par les enfants avec l’aide de leur institutrice. Par ailleurs cet album a été laissé dans la salle de classe de
Taramana.
Les enfants ont aussi participé à l’élaboration d’une valise découverte, en faisant une liste d’objets
et en offrant chacun un stylo provenant de leur trousse pour les enfants de Boeng Salang.
En retour nous avons fait la même chose au Cambodge, les enfants étaient ravis de
photographier divers moments de leur journée grâce à deux appareils photo jetables que nous leur avions confiés.
Nous ne savions pas vraiment si le message était bien passé et nous craignions un peu le
résultat… Il fut au delà de toutes nos espérances.
Pour que chacun puisse prendre pleinement part à l’élaboration de l’album qui retournerait
en France, les enfants ont ensuite commenté les photos prises par leurs camarades et Tinath nous a gentiment transmis une traduction en anglais de chacun des
commentaires.
Quel mois intense !!! Que ce soit pour l’organisation qui ne fut pas toujours facile ou sur le plan
émotionnel… nous ne sommes pas prêts de l’oublier ! Un petit pas pour Taramana mais un grand pas pour nous. Dans tous les sens du terme d’ailleurs : on peut en effet dire que nous
sommes passés maître en la pratique du Madison khmer que nous avons longuement expérimenté lors des fêtes qui ont fait vibrer Taramana.
Nous remercions les enfants de nous avoir accueillis et acceptés pendant un mois faisant
preuve envers nous d’une réelle affection. Merci aussi à Jocelyn d’être resté quelques jours de plus avec nous, de nous avoir paternés, briefés sur les habitudes cambodgiennes dans lesquelles
nous allions être immergés pendant un mois. Et bien sûr merci a toute l’équipe de Taramana.
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Mélanie Desangles
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Marie Brousse
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Raphaëlle Varennes
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Clément Cousin
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Violaine Delabar
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