Mardi 6 mai 2008

Il est 7h30 du matin. Domicile de Madame Pok dans l’incontournable quartier de Boeng Salang à deux pas de la voie ferrée. Des dizaines d’enfants affluent de toutes parts accompagnés par un ou plusieurs membres de leurs familles. Tous reconnaissables par leurs tee-shirts et leurs casquettes de couleur blanche flanqués du logo orange Taramana.

 

 

C’est le grand rendez-vous du mois. Deux tonnes de riz vont être distribués à plus de 120 enfants. Une nouvelle structure métallique financée par Taramana abrite une surface carrelée de 160 m² accueillant désormais les enfants. L’association parraine parfois plusieurs gamins au sein d’une même famille (jusqu’à 3) mais une seule carte d’aide alimentaire n’est délivrée à cette dernière. Un responsable de l’association contrôle scrupuleusement la distribution des sacs de riz et vérifie que la liste informatique du poids de riz accordé à chaque enfant correspond bien à celui affiché sur la carte d’aide alimentaire. Madame Kun Sithan, Présidente de Taramana Cambodge, est chargée du bon déroulement des opérations sous l’oeil bienveillant de Séthara et Maryna venus prêter main forte comme chaque premier dimanche du mois.

 

Le samedi précédent la distribution du riz, il faut aller acheter le riz. Nous avons notre fournisseur officiel qui nous le fait au meilleur prix. Des « indics » khmers n’hésitent pas à aller contrôler si le prix est moins cher ailleurs à qualité de riz égale pour maintenir la pression sur notre vendeur. La livraison de riz est assurée gratuitement l’après midi même. La famille de Mme Pok aidée par quelques voisins passe quelques heures à peser la céréale blanche et remplir les sacs de jute selon le listing informatique communiqué la veille. Quelqu’un sera désigné pour garder le riz dans la nuit du samedi au dimanche.

 

 

Pour le mois d’avril, une séance de vaccination est prévue. Elle n’est pas du tout facultative mais obligatoire pour tous les enfants en vertu du contrat de parrainage signé par l’enfant et au moins un de ses parents. C’est la cohue à la porte de l’infirmerie. Les petites scènes qui s’y déroulent sous mes yeux méritent un article à n’en pas douter.

La distribution du riz et des enveloppes de frais scolaires ne peut se faire qu’après et uniquement après la séance des piqûres.

A la sortie de l’infirmerie, chaque enfant reçoit un tube de dentifrice et un petit sachet de multivitamines pour 3 semaines. Ces cures vitaminées interviennent tous les 3 mois pour donner un petit coup de pouce à la croissance et au renforcement des défenses immunitaires des enfants.

2 brosses à dents leur sont attribuées par an. Nous leur rappelons régulièrement l’intérêt de se brosser les dents après chaque repas ou au moins 2 fois par jour.

 

L’équipe sociale composée de madame Kun Sithan, Maryna, Séthara, Tinath et moi-même n’hésite pas à passer au domicile des familles de façon inopinée pour s’assurer que tout va bien. Nous en profitons pour contrôler que tout est en règle par rapport aux éléments déclaratifs de l’enquête sociale réalisée au domicile de l’enfant, que le riz n a pas été revendu ou bien que la brosse à dents et le dentifrice fournis quelques jours auparavant sont utilisés correctement.

 

Ce travail de contrôle est indispensable et il est de notre devoir de le maintenir au long cours. A nous d’assurer ce contrôle avec la plus grande diplomatie comme seraient censés le faire des acteurs sociaux voulant uniquement aider l’enfant. Un enfant bien nourri et bien soigné aura de meilleures chances de poursuivre une scolarité normale. Ce qui peut nous apparaître évident pour nous ne l’est pas forcement pour certains parents au Cambodge qui vivent sans penser au lendemain…On aurait bien tort de les juger ou de les blâmer trop vite. Les braises d’une guerre de 30 ans finie il y a à peine 15 ans sont encore fumantes…tout au moins dans l’esprit de beaucoup.

J.D

 

Par Taramana
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Mardi 29 avril 2008

 

En décembre 2006, lorsque j’ai découvert le quartier de Boeng Salang, des « Hello » fusaient de toutes parts des maisons qui bordent la voie ferrée. Les enfants surtout parmi les plus petits me lançaient des « hello » à gogo se  hasardant ainsi à provoquer leur timidité face au barang (homme blanc) on se sait venu quoi faire dans un quartier qui n’a en soi  rien de touristique. C’était amusant de voir des ribambelles de bambins sortir furtivement de leur petite cahute en bois uniquement pour me saluer avec sans doute l’unique mot d’anglais qu’ils connaissaient : hello. Et si par malheur, j’osais ne pas leur retourner leur salut sauce américaine, ils continuaient à le brailler à tue tête jusqu'à ce que je leur rende la politesse.

 

18 mois après, les hello pourtant si populaires se sont transformés en bonjour. Je devrais dire plutôt bonzour car les cambodgiens ont beaucoup de mal à prononcer la consonne j qui prend des allures zézayantes. Quelques  hello se font encore entendre ci et là mais le bonzour l’emporte aisément. Une soixantaine d’enfants viennent plus ou moins régulièrement aux cours de français que l’association dispense à raison de 3 fois 1 heure et quart (3 groupes) du lundi au samedi inclus.

De retour à la maison, les élèves apprennent à leurs familles des rudiments de français. Les mêmes bambins qui me hurlaient sans tarir leur hello hello il y a 18 mois  se sont mis au bonzour auquel je me prête plus facilement au jeu pour leur répondre. Connaissant les prénoms de tous élèves venant aux cours de français, il n est pas rare que j’engage une brève conversation en français au gré de mes passages dans la rue qui mène à l’école. Mes amis français qui viennent parfois faire un tour dans le quartier se disent surpris de voir les plus grands venir les saluer et tenter de communiquer avec eux en français.

 

Taramana n’a pas vocation à francophoniser le quartier. Il est incontestable que devenir bilingue ou trilingue au Cambodge est un atout majeur. Les grandes universités à Phnom Penh (Sciences de la Santé, Droit et l’ITC = Institut de Technologie du Cambodge) accordent une grande place à la langue de Molière. Parler anglais et/ou français leur permettra sans aucun doute de pouvoir également accéder à un poste bien mieux rémunéré dans un des métiers du tourisme, de l’hôtellerie restauration ou du secrétariat, quand ce n’est pas dégoter le privilège de mettre un pied dans une ONG anglophone ou francophone qui accorde des salaires bien plus généreux que dans le reste du pays.

 

Taramana dispense également des cours d’anglais. Dans un futur que l’on espère proche, l’association offrira des cours de rattrapage scolaire aux élèves en difficulté. Il est bien évident que notre volonté première est de permettre à chaque enfant de maîtriser sa langue natale et de le soutenir dans toutes les matières dites fondamentales : littérature khmère, mathématiques, physique, chimie, histoire, géographie,…

 

Mais nous n’allons pas bouder notre plaisir. Vive tous ces petits bonzours qui accompagnent désormais le passage de tous les barangs de Boeng Salang !

Par Taramana
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Mardi 29 avril 2008

 

Mes premiers pas dans le quartier de Boeng Salang remontent au mois de décembre 2006. Madame Pok qui habite tout près m’y avait emmené car elle avait eu connaissance d’une dame malade qui devait élever seule ses 5 filles. J’avais été très ému de cette rencontre. C’est toujours pareil. Il existe des millions et des millions de démunis au Cambodge, c’est un fait. Vous rencontrez une famille pauvre et elle sort des statistiques qui n’émeuvent somme toute pas grand monde. Leur histoire est le plus souvent très touchante et vous vous sentez comme poussé par l’envie de vouloir les aider avec les limites que vous êtes supposés connaître à l’avance. L’histoire d’une des filles de cette dame, Sopheaktra, 12 ans, a certainement été le déclencheur du début de l’aventure Taramana nouvelle mouture. Cette jeune fille, au regard tristounet, pas bien grosse pour ne pas dire plutôt maigrelette, dégageait paradoxalement une énergie de battante qui ne résignait pas à la fatalité et à l’injustice. Son timbre de voix railleur et sa façon de parler avec une assurance un brin arrogante me permettaient de penser qu’elle avait les armes bien aiguisées pour affronter les affres de la vie lorsqu’on est pauvre.

Pauvre, elle me donnait pourtant la richesse et la motivation de me battre pour ces familles à qui il ne semble pas manquer grand-chose pour s’en sortir pour peu que le sort ne s’acharne pas sur eux.

 

N’ayant pas l’argent pour suivre les cours d’anglais privés, Sopheaktra assistait à ces cours  se tenant debout à la fenêtre de la classe. Les remontrances du professeur d’anglais n’y changeaient rien. Elle était la plus assidue des élèves, mais restait dehors.

Désormais soutenue par Taramana, elle assiste toujours aux cours d’anglais à la différence près qu’elle est  confortablement assise sur une chaise comme ses petits camarades de classe. Douée pour les langues, elle fait également partie des meilleures élèves des cours de français. Elle n’a rien perdu de son bagout. Presque un peu trop vive, elle ne peut s’empêcher de parler en classe et de répondre même lorsque ce n’est pas son tour comme si elle se devait de rattraper le retard de tout le temps perdu en dehors de la classe. Je m’amuse à prétendre utiliser une télécommande pointée sur elle comme si j’avais le pouvoir de la mettre en position muette. Résultat : elle éclate de rire et l’effet « muet » a vite tendance à se dissiper dans la minute. J’avoue que je fais semblant de m’en plaindre mais on se doit de faire participer tout le monde : le doigt levé doit être la règle.

 

Taramana assure le traitement et le suivi de sa maman qui va beaucoup mieux. Sopheaktra a pris un peu de poids et a grandi en un an et demi. Les 30 kilos de riz par mois dispensés par l’association assortis de cures de multivitamines et du déparasitage intestinal doivent y être pour quelque chose. Les petits biscuits ou friandises qu’elle me donne très régulièrement sont autant de témoignages de gratitude. Je les accepte bien volontiers même si cela me gêne qu’elle dépense un peu de son argent de poche. Son énergie débordante, son sourire retrouvé et le dynamisme ambiant qu’elle communique autour d’elle alimentent entre autres les moteurs de ma présence au Cambodge.

Par Taramana
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Mardi 29 avril 2008

 

 Dans le district Russey Keo au Nord Ouest de Phnom Penh, le quartier de Boeng Salang fait partie de ceux qui ont une âme. Il me plait ce quartier. Ne me demandez pas pourquoi, j’aurai du mal à vous le dire.  Pour s’y rendre, il faut emprunter la route numéro 5 en direction de Battambang et tourner à gauche juste après l’entrepôt de pétrole géré par la Sokimex.

 

Ce quartier est traversé par une voie ferrée dont on pourrait penser à priori quelle n’est plus en service au vu de l’état peu rassurant des rails qui la composent.

Mais au Cambodge, tout est possible et ce n’est rien de le dire. A mon grand étonnement, le train passe. Certes,  ce n’est pas notre TGV à nous mais plutôt le TPV (Train à Petite Vitesse). On ne sait pas très bien à quelle heure il passe et à quelle fréquence non plus. A une bifurcation en patte d’oie qui signe le début du quartier, se trouve un petit marché local installé au beau milieu de la voie ferrée. Des vendeurs de poisson, de viande rivalisent avec leurs homologues de légumes et de fruits en tous genres. Les mouches envahissent le quartier surtout du côté des poissons fraîchement découpés en tranches ou façon tartare. Si le train arrive, et on l’entend arriver de loin, les stands rapidement installés se défont et se refont aussitôt le passage du train, telles ces fameuses  mouches qui reviennent sur un morceau de viande après un bref balayement de la main pour les faire fuir.



La scène vaut le coup d’oeil : le train s’annonce au loin avec quelques sifflements retentissants qu’on perçoit largement quelques minutes avant son passage. Il roule à la vitesse moyenne de 10 km par heure dans un vacarme étourdissant des grincements des roues du train sur les rails rouillés et sinueux. On se demande s’il ne va pas finir par dérailler un jour. Personne ne semble guère s’en soucier. Je me dois de rassurer mon sentiment d’inquiétude mêlé à une prudence légendaire que certains n’hésitent pas à requalifier en «peurs viscérales ». Ce serait malgré tout d’autant plus catastrophique que le train transporte des wagons de fuel rasant toutes les maisonnettes en bois qui font de ce quartier un des bidonvilles les plus atypiques de la ville. Au moindre décrochage et tout le quartier se transforme en un brasier incontrôlable.

 

 

 

Les enfants du quartier sont à l affût. Le passage du train est un de leurs passe-temps favoris de la journée. Sous le regard complice du chauffeur du train, les enfants dont certains sont à peine âgés d’une dizaine d’années, n’hésitent pas à s’agripper sur le rebord d’un des wagons du monstre de fer au péril de leur vie s’il venait à rater leur manœuvre et tomber sous les roues. D’autres munis de poches plastiques récupèrent l’huile dégoulinante de part et d’autre de chaque wagon du train. Ils la revendront probablement quelques centaines de riels au machiniste du train.

 

Il y aurait un projet de nouvelle route dans le quartier qui remplacerait cette voie ferrée. La plupart des maisons seraient alors détruites et leurs habitants devraient aller trouver logement ailleurs.

L’école Taramana serait épargnée par ce projet mais la moitié des enfants parrainés seraient déplacés dans un quartier sur la route de l’aéroport.

Bonne ou mauvaise nouvelle ?

 J.D

Par Taramana
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Lundi 21 avril 2008

Le constat est accablant :

Facture du riz Taramana en novembre 2007 = 468 $

Facture du riz Taramana en avril 2008 = 1010 $

 

 

L’association dispense tous les mois entre 10 à 30 kilos de riz par enfant parrainé. Ce quota de riz a été calculé en fonction de l’état de pauvreté de la famille, du nombre d’enfants parrainés au sein de la même famille (pas plus de 3) et du nombre de personnes au foyer. Cette quantité de riz est d’ailleurs modifiable selon l’évolution sociale de la famille. Le contrat de parrainage signé par l’enfant, un des parents ou tuteur et deux responsables de l’association, stipule que la famille doit signaler tout changement de condition sociale (perte de travail, déménagement, maladie grave,…). Cela s’applique aussi si les conditions de vie vont dans le bon sens où dans ce cas nous serions amenés à diminuer la quantité de riz octroyée à chaque famille. On s’étonne à peine de la moins grande diligence  à déclarer les éléments d’évolution favorable par les familles concernées…

 

 

Comme partout dans le monde, le prix des céréales a flambé. Le riz aussi. Aliment de base consommé par tous les Cambodgiens (comme dans tous les pays asiatiques), le riz est devenu une denrée chère pour les familles aux revenus plus que modestes. En l’espace d’un an, son prix a plus que doublé à Phnom Penh. Si nous achetions le sac de 50 kilos 13 dollars américains, nous devons acheter ce même sac 27 dollars aujourd’hui. Le cours du riz avait même atteint les 40 dollars il y a trois semaines et avait été ramené à 26 dollars sur intervention de Hun Sen, l’actuel Premier Ministre du Cambodge en poste depuis 1985.

 

Le problème n’est pas pour autant réglé et selon les experts, le pire est à venir si rien n’est fait. Une conjoncture internationale associée à la production des biocarburants, la raréfaction des surfaces rizicoles remplacées entre autres par des usines chinoises et à des évènements climatiques désastreux des pays producteurs de riz comme le Vietnam ou la Thaïlande ont conduit à une pénurie de riz dans le monde entier.

 

Tous les produits de base ont augmenté au Cambodge. En fait, cela provient aussi de l’augmentation très sensible de l’essence dont le prix s’est envolé (1 litre coûte désormais 4900 riels contre 2500 il y a encore 18 mois). Tous les produits de consommation courante étant majoritairement importé, il est donc normal qu’ils subissent de plein fouet cette augmentation de prix.

 

Malgré une économie florissante avec une croissance qui dépasse les 10% par an, le Cambodge est un des pays les plus pauvres du Sud Est Asiatique. 80% des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté et un habitant sur deux doit vivre avec moins d’un dollar par jour. La croissance du pays ne profite hélas qu’à une minorité de Cambodgiens qui deviennent de plus en plus riches et qui se moquent bien des conditions précaires de leurs compatriotes. Les Chinois ont d’ores et déjà la main mise sur le pays et contrôle l’économie du pays comme celle de la plupart des pays d’Asie avant de gagner tous les autres continents où ils sont déjà bien implantés.

 

Si tous les prix flambent au Cambodge, les salaires eux n’augmentent pas rendant ainsi encore plus difficiles les conditions de vie des plus modestes. Un instituteur de base reçoit un salaire de 25 dollars par mois (moins de 20 euros). Personne ne peut prétendre faire vivre une famille avec un tel salaire. Les ouvrières d’usine (textile) sont à peine mieux loties avec des salaires ne dépassant pas les 50 dollars par mois.

 

Une famille modeste dont les revenus sont compris entre 100 et 150 dollars par mois consacre entre 70 et 80% de son revenu dans l’alimentation quand en France cela représente en moyenne tout juste 10% pour un ménage moyen. Avec l’augmentation du prix du riz et de toutes les denrées, la famille doit rogner sur les 20 à 30% de son budget restant normalement consacré au paiement du loyer, électricité, eau et autres dépenses utiles (vêtements, produits d’entretien et d’hygiène,…). Comme ce budget est déjà très serré, la famille décide souvent de diminuer les achats  de riz ou de nourriture, ce qui accroît davantage la malnutrition surtout chez les plus jeunes.

 

La situation ne pourra de toute évidence perdurer longtemps. Selon les prévisions de la Banque Mondiale et du FMI, des inquiétudes pèsent lourdement sur l’évolution du prix des aliments.

Cela risque de gronder dans les campagnes et dans les quartiers pauvres de la capitale surtout à l’approche des prochaines élections législatives qui se tiendront en juillet prochain.

 

Plus que jamais, notre apport en riz pour les familles est le bienvenu. Taramana veut s’inscrire dans une démarche qui permette aux enfants parrainés  de manger plus équilibré en leur  accordant un peu plus de viande, de poisson ou d’œuf, sources de protéines indispensables à la croissance de l’enfant.

 

Nous rappelons aux familles que l’enfant parrainé doit aller à l’école tous les jours, condition sine qua none au maintien du parrainage. L’éducation est la priorité de notre action afin que l’enfant se donne les meilleures chances d’obtenir un diplôme et un métier qui lui permettra à son tour de faire vivre sa famille.

 

Nous restons très vigilants sur l’évolution du prix du riz. La guerre du riz aura-t –elle lieu ? Beaucoup se posent ici la question. La parité euro/dollar actuellement avantageuse pour l’association nous permet de tenir le choc. Il se posera toutefois à court ou moyen terme la question de savoir s’il faudra diminuer la quantité de riz aux familles ou si un réajustement du prix du parrainage (le plus modéré possible) sera nécessaire pour pallier cette trop injuste augmentation du riz.

  

Phnom Penh, le 14 avril 2008

J.D

 

 

Par Taramana
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Lundi 21 avril 2008

La sonnerie vient de retentir. Il est 9 heures le matin. Les enfants accourent tout guilleret et entrent dans l’école de l’association située au bord de la voie ferrée. Nous sommes dans le quartier Boeng Salang dans le Nord Ouest de Phnom Penh à quelques encablures de la route numéro 5 qui mène à Battambang, deuxième ville du pays.

 

Une bonne quinzaine d’enfants ont pris place sur des petits tabourets rouge et bleu que l’association a achetée. L’école a été entièrement repeinte en blanc et orange, les couleurs de l’association, et décorée au mur avec de jolis dessins d’enfants.

 

Il fait déjà chaud à 9 heures. Le thermomètre affiche un bon 32 degrés, température normale pour un début de mois d’avril, un des mois plus les chauds de l’année.

C’est le cours des petits. Taramana accueille les enfants parrainés  tout comme tous les enfants du quartier volontaires et motivés pour apprendre la langue de Molière. Je suis chaque fois surpris de voir autant d’enfants désireux d’apprendre une langue aussi compliquée que le français.

Les enfants de ce groupe ont entre 5 et 11 ans. La plupart ne savent pas écrire, surtout les plus petits. D’autres font ce qu’ils peuvent. Force est de constater qu’ils font le maximum pour apprendre et retenir toutes les subtilités de la langue française.

 


La classe est bruyante. Je n’en suis pas à mon premier cours donné aux enfants. La tâche est rude et difficile. Mon khmer est rudimentaire et j’en aurai pourtant grandement besoin pour me faire comprendre. Je devrais avoir honte de ne pas mieux parler cette langue mais je n’ai jamais trouvé le temps de m’y investir davantage. Le temps, c’est toujours ce qui me manque. C’est aussi une bonne excuse car on veut, on peut. Tout est question d’organisation. Je dois donc user de finesse pour me faire entendre. Heureusement que j’aime bien faire le pitre et improviser toutes sortes d’imitations. Le dessin est indispensable. En dernier recours, je sollicite une des grandes filles venues en renfort qui assure la traduction via l’anglais.

 

Je dois trouver le moyen de capter leur attention, rendre le cours aussi ludique que possible. Voilà, trouver le moyen de leur faire apprendre du vocabulaire tout en les amusant. Les grands se prêtent facilement au jeu même si on pourrait penser qu ils ont passer l’âge. Ils adorent chanter. Bingo ! Ils connaissent toute l’anatomie humaine grâce à la chanson « Savez-vous planter des choux » ? Bien sur, ici au Cambodge, on plante les choux avec la main et le pied mais aussi avec les yeux, les oreilles, la bouche et même les cheveux… ! Peu importe du moment qu ils ont compris ce qu ils chantaient. Et avec quel engouement !

 

Les volontaires pour chanter cette cantine me  hurlent des « Moi, moi !! » en brandissant leur index vers le haut pour passer au tableau et avoir le privilège de chanter devant tout le monde. Je ne sais qui choisir. Il faut faire tourner tout le monde par 3 candidats perchés chacun sur une chaise, filles puis garçons. Et se souvenir le lendemain à qui ce sera le tour sous peine de faire des malheureux.

Je ne boude pas mon plaisir. Quelle joie de les voir chanter, tenter de retenir le vocabulaire pourtant pas facile à prononcer. Ils ont beaucoup de mal avec les mots commençant par les j (qui deviennent des z) et les s (qui deviennent des ch) quand il leur est  carrément impossible de prononcer le son U qui devient un OU. Je m’en amuse au quotidien.
Les jeunes filles ne dansent pas en tutu mais avec leur « toutou » ! Ben oui, c’est « coucou » la praline mais c’est comme ça.

 

                                               Phnom Penh, le 5 avril 2008                J.D

Par Taramana
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Jeudi 13 mars 2008
Bonjour,

Ca y est, c'est fait. Le blog de Taramana vient de naître. Il vous permettra de suivre les actions de l'association sur place au Cambodge "en live" avec du texte (mais pas trop) et un maximum de photos.
N'hésitez pas à m'envoyer des commentaires et de vous tenir au courant des infos sur le site web de l'association www.taramana.org encours de rénovation.

A très bientôt.

J.D.

Par Taramana
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