Séance de vaccinations à Taramana / 5 mai 2008

Publié le par Taramana

 

Un premier dimanche du mois ordinaire : la grand messe du riz va avoir lieu. En fait pas si ordinaire ce dernier jour de la semaine. Aujourd’hui, il y a séance de vaccination. Incontournable si l’on veut prétendre récupérer les 15 à 30 kilos de la précieuse céréale. Tous les enfants ne raffolent pas spécialement des injections de vaccins, les petits cambodgiens n’échappent pas à la règle. Poussés par les parents déjà impatients de vouloir rentrer à la maison au plus vite, les enfants se bousculent au portillon.

 

 

 

Dans l’infirmerie, on s’affaire déjà à préparer les seringues. Le « menu du jour » prévoit du DTCoq (Diphtérie Tétanos Coqueluche), de l’Imovax Polio (Poliomyélite), de l’Euvax B (Hépatite B) et du ROR (Rougeole Oreillons Rubéole). Pour les enfants parrainés de la première heure, ce ne sera qu’une ou deux piqûres. Pour les nouveaux, comme pour marquer le coup de leur entrée « fracassante » dans l’association, ce sera 3 impacts vaccinaux. Pas de quoi rassurer les plus petits qui réalisent, certes un peu tard, qu’on ne leur avait pas tout dit.

 

Cinq médecins présents ce jour sont enfin prêts à « martyriser » les bras des petits prétendants à la mine un peu moins courageuse à l’approche de la salle de soins. Ils vont se relayer à tour de rôle pour assurer la tâche ingrate. Deux d’entre eux : Isabelle, pédiatre et Philippe, médecin généraliste commencent les festivités. Ma sœur Fabienne, médecin aussi et Mony, interne pédiatre cambodgienne assurent avec le renfort de Maryna (la Mana de Taramana) le bon déroulement des opérations. Mana et Mony annoncent pour chaque enfant la série de vaccins du jour.

 

 

Au dehors, les enfants affichent un sourire radieux. Ils usent de tous les stratagèmes pour passer parmi les premiers. Plus vite piqués, plus tôt rentrés à la maison. J’avais averti que la priorité était donnée aux 38 nouveaux enfants étant donné que les blouses blanches avaient déjà préparé les vaccins DTCoq et Polio uniquement destinés aux nouvelles têtes. Les petits malins sont vite repérés. J’ai la chance de reconnaître tous les enfants et j ai tôt fait de sortir de la file les petits futés qui se seraient faufilés incognito. Mais rien n y fait. J’ai beau les menacer que je m’occuperai personnellement de leur cas s’ils recommençaient, je ne dois pas être très convaincant avec mon air faussement farouche. Je les revois en effet quelques minutes plus tard essayant de se dissimuler derrière leurs petits camarades pour ne pas repartir dehors à la case départ. Ils savent que je vais me fatiguer avant eux car il est vrai qu’ils sont eux infatigables.

 

Je m’amuse de voir le visage des gamins à travers la fenêtre du couloir qui donne sur l’infirmerie. Leurs mimiques valent à elles seules le détour. Ils grimacent de douleur rien qu’en voyant l’aiguille de la seringue transpercée la peau de leur petit camarade. Celui là ne se prive pas d’ailleurs de feindre le supplice pour ajouter à l’appréhension déjà avancée des petits curieux. C’est presque devenu un jeu bien rodé : les premiers piqués prennent un malin plaisir à raconter aux suivants combien ça fait mal. Personne n’y croit vraiment en fait surtout que la plupart n’en sont pas à leur première expérience en la matière. Les plus petits parmi les nouveaux sont plus crédules. S’ils trouvaient amusant le fait de se bousculer pour se frayer un chemin jusqu’à la porte de l’infirmerie, ils sont beaucoup moins hardis pour franchir cette même porte lorsque vient leur tour. Tant et si bien qu’il a fallu même en rattraper certains qui avaient pris la poudre d’escampette renonçant s’il le fallait au riz, dentifrice, multivitamines et autres avantages que l’association dispense en post vaccination..

 

 

Isabelle, en pédiatre aguerrie, se voit attribuer les cas plus difficiles des enfants arrivant en larmes et qui repartent quasiment le sourire aux lèvres après s’être aperçu que tout ceci n’était pas aussi terrible qu’on leur avait fait laisser penser.

 

252 doses de vaccins se sont vues dispensées aux enfants ce matin. En l’espace d’un an, ce sont plus de 1200 injections qu’ont reçu les enfants.

 

Beaucoup de parents me disent que leurs enfants ont bien grandi et pris du poids grâce aux piqûres administrées à leurs bambins. Je serai plutôt tenté de croire que le déparasitage, l’apport de multivitamines et surtout l’augmentation de la ration calorique avec un peu plus de protéines expliquent davantage la reprise de la croissance de leur enfant.

 

 

Taramana envisage de vacciner tous les frères et sœurs des enfants parrainés dans un futur proche dés lors que le financement aura été trouvé.

J.D 

 

 

 

 

 

 

 

 

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