Un premier dimanche du mois à Taramana / 4 mai 2008

Publié le par Taramana

Il est 7h30 du matin. Domicile de Madame Pok dans l’incontournable quartier de Boeng Salang à deux pas de la voie ferrée. Des dizaines d’enfants affluent de toutes parts accompagnés par un ou plusieurs membres de leurs familles. Tous reconnaissables par leurs tee-shirts et leurs casquettes de couleur blanche flanqués du logo orange Taramana.

 

 

C’est le grand rendez-vous du mois. Deux tonnes de riz vont être distribués à plus de 120 enfants. Une nouvelle structure métallique financée par Taramana abrite une surface carrelée de 160 m² accueillant désormais les enfants. L’association parraine parfois plusieurs gamins au sein d’une même famille (jusqu’à 3) mais une seule carte d’aide alimentaire n’est délivrée à cette dernière. Un responsable de l’association contrôle scrupuleusement la distribution des sacs de riz et vérifie que la liste informatique du poids de riz accordé à chaque enfant correspond bien à celui affiché sur la carte d’aide alimentaire. Madame Kun Sithan, Présidente de Taramana Cambodge, est chargée du bon déroulement des opérations sous l’oeil bienveillant de Séthara et Maryna venus prêter main forte comme chaque premier dimanche du mois.

 

Le samedi précédent la distribution du riz, il faut aller acheter le riz. Nous avons notre fournisseur officiel qui nous le fait au meilleur prix. Des « indics » khmers n’hésitent pas à aller contrôler si le prix est moins cher ailleurs à qualité de riz égale pour maintenir la pression sur notre vendeur. La livraison de riz est assurée gratuitement l’après midi même. La famille de Mme Pok aidée par quelques voisins passe quelques heures à peser la céréale blanche et remplir les sacs de jute selon le listing informatique communiqué la veille. Quelqu’un sera désigné pour garder le riz dans la nuit du samedi au dimanche.

 

 

Pour le mois d’avril, une séance de vaccination est prévue. Elle n’est pas du tout facultative mais obligatoire pour tous les enfants en vertu du contrat de parrainage signé par l’enfant et au moins un de ses parents. C’est la cohue à la porte de l’infirmerie. Les petites scènes qui s’y déroulent sous mes yeux méritent un article à n’en pas douter.

La distribution du riz et des enveloppes de frais scolaires ne peut se faire qu’après et uniquement après la séance des piqûres.

A la sortie de l’infirmerie, chaque enfant reçoit un tube de dentifrice et un petit sachet de multivitamines pour 3 semaines. Ces cures vitaminées interviennent tous les 3 mois pour donner un petit coup de pouce à la croissance et au renforcement des défenses immunitaires des enfants.

2 brosses à dents leur sont attribuées par an. Nous leur rappelons régulièrement l’intérêt de se brosser les dents après chaque repas ou au moins 2 fois par jour.

 

L’équipe sociale composée de madame Kun Sithan, Maryna, Séthara, Tinath et moi-même n’hésite pas à passer au domicile des familles de façon inopinée pour s’assurer que tout va bien. Nous en profitons pour contrôler que tout est en règle par rapport aux éléments déclaratifs de l’enquête sociale réalisée au domicile de l’enfant, que le riz n a pas été revendu ou bien que la brosse à dents et le dentifrice fournis quelques jours auparavant sont utilisés correctement.

 

Ce travail de contrôle est indispensable et il est de notre devoir de le maintenir au long cours. A nous d’assurer ce contrôle avec la plus grande diplomatie comme seraient censés le faire des acteurs sociaux voulant uniquement aider l’enfant. Un enfant bien nourri et bien soigné aura de meilleures chances de poursuivre une scolarité normale. Ce qui peut nous apparaître évident pour nous ne l’est pas forcement pour certains parents au Cambodge qui vivent sans penser au lendemain…On aurait bien tort de les juger ou de les blâmer trop vite. Les braises d’une guerre de 30 ans finie il y a à peine 15 ans sont encore fumantes…tout au moins dans l’esprit de beaucoup.

J.D

 

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PHILIPPE Aurélien 13/05/2008 21:44

Que de travail...! La chose qui me frappe le plus et c'est pour celà que j'ai souhaité devenir parrain via Taramana, c'est l'incroyable organisation tant financière, logistique qu'humaine dont vous faites preuve sur le terrain. Beaucoup d'association fait du bénévolat à droite, à gauche mais brasse finalement beaucoup d'air pour peu de résultat. Ici c'est l'inverse, un ensemble d'enfants pas trop gros pour le gérer parfaitement sur tout les plans. La méthode est adéquate et les résultats font chaud au coeur. Continuez ainsi, et merci!

Aurélien