Mardi 9 avril 2 09 /04 /Avr 11:51

Le 14 février dernier, Mr John ANG, professeur de yoga est venu donner un cours de yoga aux enfants du Centre Taramana.

Interview avec ce Maître yogi plutôt atypique.

 

Avant de découvrir le yoga, quel type de vie meniez-vous ?

J’avais une vie agitée, déséquilibrée où je mettais 100% de mon temps dans mon travail, ma santé. Les relations avec mes amis et ma famille en furent très affectées.

 

Que vous apporte la pratique du yoga au final ?

C’est avant tout un mélange d’exercice, de respiration, de méditation et de philosophie spirituelle basée sur l’écoute de son corps depuis l’intérieur.

 

Vous sentez-vous en harmonie avec votre nouvelle façon de vivre ?

Parfois oui, parfois non. Trouver l’Harmonie n’est pas toujours facile et exige une pratique de tous les jours.

 

Quel type de yoga enseignez-vous ?

Le yoga d’alignement où je souhaite que les initiés parviennent à aligner les formes de leur corps en les ouvrant sur l’univers. Ainsi, vous pouvez capter les énergies qui vous entourent et les utiliser pour réaliser votre action dans ce monde.

 

Pourquoi avez-vous choisi le Cambodge comme le pays à soutenir ?

Entre le VI et le XIIIème siècle, Le Royaume Khmer représentait un parfait exemple de comment le yoga devait être pratiqué pour construire et développer une entité forte. Aujourd’hui, le pays renaît de ses cendres et peut à nouveau se développer et devenir fort grâce à son passé et son histoire. Je connais le yoga et je connais l’Art et l’Histoire de ce pays depuis que j’ai étudié une Maîtrise de l’Histoire de l’Art oriental à L’université de Michigan. En rassemblant ces deux entités, il devenait clairement évident que ma mission devenait d’aider le Cambodge.

Dans l’histoire de Ramayana, Hanuman devait pratiquer les techniques du yoga de façon intense afin de devenir fort pour sauver Sita des griffes de Ravana qui l’avait kidnappée. Quand il parvint à la ramener auprès de son Roi et de son mari, Rama, le pays retrouva toute son harmonie et devint à nouveau puissant. Hanuman représente une certaine forme de yoga, il permet l’harmonie de l’égo (Sita) et de l’âme (Rama).

Je suis né en 1956, l’année du Singe, animal qui a le rôle d’harmoniser les énergies positives et négatives. C’est ce que je souhaite faire pour le Cambodge.

La pauvreté, l’injustice, la corruption sont quelques une des énergies négatives que l’on peut voir au quotidien dans ce pays. Les bonnes énergies sont l’intelligence, la créativité, tant de preuves dans l’héritage khmer.

Mes amis taïwanais me disent souvent de ne pas aller au Cambodge parce que c’est un pays mené par bien des aspects sombres suivant la période noire du régime Khmer Rouge. Je leur réponds : « Mais mon nom est Hung Kwang Ming, ce qui veut dire un torrent de lumière ». Il me semble donc évident que mon rôle est d’apporter un peu de lumière à ce pays afin qu’il retrouve la paix et l’harmonie qui faisaient sa fierté auparavant.

 

Quel est donc le nouveau but fixé dans votre vie ?

Enseigner le yoga pour apporter équilibre et harmonie au Cambodge pour autant qu’il puisse devenir aussi puissant qu’avant et briller de toutes ses lumières aux yeux du Monde.

 

Quelle est la chose la plus importante que vous souhaiteriez apporter aux jeunes générations de ce pays ?

Leur donner un sens nouveau à leur vie. Cela implique qu’ils utilisent leur puissance intérieure pour aider in fine leur propre pays. La pratique du yoga pour les enfants de Taramana leur permettra, je l’espère, de se réaliser et de conduire leur pays sur la voie de la paix et de l’harmonie.

 

 

Résumé de la vie de John ANG

John est né en 1956 à Chicago de parents venant de Singapour.

Après avoir grandi à Singapour, il retourna vivre aux Etats Unis pour ses études. En plus d’un diplôme de Danse, il a obtenu un Master Degree d’Histoire de l’art Oriental à l’Université de Michigan. Il est parti vivre et travailler au Japon pour se retrouver à Taïwan afin d’apprendre le Chinois.

En 1990, John a fondé Artasia, une prestigieuse galerie d’antiquités en provenance d’Asie et d’Afrique. En 2004, il a développé Yoga Living, une école  qui dispense des cours de yoga mais aussi d’art culiniare pour adultes et enfants.

Après avoir fermé Yoga Living, il s’est concentré sur l’apprentissage d’ateliers d’art en Chine et au Cambodge et a changé le nom de sa galerie d’art : Samyama Co. Ltd. Samyama n’est pas seulement une galerie d’art renommée mais propose une diversité de services touchant au yoga, au voyage, à l’art de cuisiner et à une autre philosophie de vie.

 

1 234-14-24-3.jpg4-4.jpg5-1.JPG6-2.JPG6-36-4.JPG9-1.jpg9-2.jpg

 

 

 

 

Par Taramana
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Vendredi 15 février 5 15 /02 /Fév 16:47

 

zentel-albendazole-ipTous les quatre mois, couplé à la distribution des brosses à dents, Taramana fournit une dose de déparasitage intestinal pour tous les enfants parrainés du Centre. La molécule utilisée n’est autre que de l’Albendazole, un antiparasitaire puissant et efficace sur la plupart des parasites tropicaux se trouvant dans l’estomac des enfants. Il est même conseillé, pour tous les bénévoles travaillant au Cambodge sur des périodes assez longues d’en ingérer une dose de plusieurs centaines de milligrammes, au moins trois fois par an.


2K.jpgAssocié à une ration calorique suffisante, un apport en protéines et des cures régulières de multivitamines, le déparasitage a le grand mérite d’avoir fait bondir les paramètres staturo-pondéraux de tous les enfants. Constater que leur croissance a évolué rapidement dans le bon sens nous apporte beaucoup de satisfaction.


Durant mes études de médecine, j’avais obtenu la meilleure note possible au certificat de parasitologie. Je compte bien mettre à profit mes connaissances dans ce domaine du parasite pour éradiquer définitivement le dernier nid de ces deparasitage-2749.JPGpetites bêtes nuisibles, et notamment les « punaises d’eau », nom joliment donné par mon ami Philippe Laxton à une catégorie de parasites.

Ma détermination est totale pour que Taramana retrouve enfin toute la sérénité requise afin de  mener à bien les projets nombreux et variés proposés par le Conseil d’administration et validés lors des Assemblées Générales. Je veillerai à ce qu’aucun parasite ne vienne désormais troubler la croissance de l’association.


Deparasitage Je ne doute pas un seul instant de l’issue heureuse de cette éradication, afin que nos petits protégés du Nord de Phnom Penh voient les clignotants virer au vert, pour un avenir meilleur. Car c’est pour eux que nous travaillons.  Je ne suis pas le seul dans cette aventure et je suis heureux de pouvoir compter sur une équipe renouvelée, juste et loyale avec une vraie Vice-Présidente, ma sœur Fabienne, qui donne beaucoup de son temps et de son énergie pour que le navire suive le bon cap. Son récent passage au Cambodge, accompagné de son mari et de ses quatre enfants, a certainement dû lui remettre le cœur à l’ouvrage. Je reconnais que l’embauche d’un Directeur opérationnel était certainement la mesure adéquate que j’aurais dû prendre depuis longtemps, afin de me décharger d’un trop lourd engagement.


Sans-titre.jpgTaramana, c’est avant tout une association souveraine au Cambodge. Si je fais partie de son Comité exécutif comme du Conseil d’administration, l’ONG* locale est dirigée par Mme Kun Sithan, Présidente de cette association – qui n’est autre que la mère de Séthara, le « Tara » de Taramana - reconnue au Ministère de l’Intérieur et dont les statuts ont été renouvelés depuis peu.

Taramana Cambodge travaille main dans la main avec Taramana France. Nous devons agir solidairement tous ensemble, administrateurs, staff khmer, volontaires, bénévoles, parrains, marraines, adhérents et donateurs, petits ou grands. Il en va de la pérennité de l’association et du devenir des enfants dont nous avons la responsabilité commune d’accompagner sur la meilleure voie possible.

 

J.D

 

deparasitage 1698 - copie

 

* ONG : Organisation Non Gouvernementale

Par Taramana
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Jeudi 14 février 4 14 /02 /Fév 16:11

Il y a des jours, on serait tenté de penser que certaines personnes ne sont pas tombées dans le chaudron de la chance depuis leur naissance. Le cas de cet adolescent, dont je souhaite évoquer la situation actuelle, en fait malheureusement partie. Pour des raisons évidentes de confidentialité, j’ai intentionnellement changé son prénom et son âge. Ce récit restera vierge de photos.


Vichey est un garçon âgé de 14 ans, vivant dans une petite maison en tôle et en bois dans le bidonville de Boeng Salang. Il ne va plus à l’école depuis l’année dernière. Il a interrompu ses études au niveau 8 (4ème), deux niveaux de plus que son grand frère qui travaille comme serveur dans un bar de Phnom Penh pour un salaire de misère (70 euros/mois). Vichey vit avec sa mère, divorcée, son grand frère, sa petite sœur toujours scolarisée et sa grand-mère maternelle. Le foyer vit avec les revenus du grand frère, le petit commerce de la grand-mère et les maigres bénéfices de la vente de poissons et serpents de la maman. Ils ne doivent pas manger à leur faim tous les jours. Vichey est grand pour son âge et plutôt maigre. Il est plus amateur de musique moderne que d’activités sportives. C’est un adolescent rieur, sociable, parfois même blagueur aux dires de ses amis. Il donne l’apparence d’être bien dans sa peau.


Sa maison est loin d’être bien tenue. Une rampe en dur permet d’accéder à l’unique pièce à vivre. Des petits sachets d’huile, de thé, de sucre et de sel pendouillent de la poutre en attente d’être vendus aux villageois qui, jour après jour, s’approvisionnent  en petites quantités. Le sol est en piteux état ; y apparaissent de nombreux trous faisant le nid des moustiques et des cafards qui se croisent à la nuit tombée, sans déranger les occupants de cet endroit plus que vétuste. Deux moustiquaires et autant de matelas sont entassés pêle-mêle contre le mur. Une télévision d’un autre âge est posée sur un buffet croulant. Une pendule, quelques photos et un miroir cassé représentent les seules décorations. Dans l’espace cuisine attenant à la pièce où toute la famille dort par terre, une caisse avec de vieux poissons séchés dégage une odeur pestilentielle. Cette atmosphère insalubre contraste avec les visages radieux des cinq membres de la famille. Derrière le sourire de façade, la souffrance est toutefois palpable. Comment pourrait-on vivre décemment et respirer la joie de vivre dans des conditions aussi précaires ?

Le père de Vichey est parti depuis bien longtemps. La mère semble ne pas être capable de travailler toute la journée durant, assommée par des breuvages ayant réputation de calmer l’anxiété. Vichey ne semble plus attacher d’importance à l’école. Il préfèrerait entrer dans la vie active, serveur comme son frère, pour gagner quelques sous et pouvoir vivre une certaine autonomie.


Je suis amené à le voir récemment en consultation pour un problème douloureux banal. Le bilan sanguin que je lui pratique revient positif pour une maladie chronique touchant le foie. L’adolescent avait subi une opération chirurgicale au niveau abdominal suite à un accident de motodop. Il avait alors bénéficié d’une transfusion sanguine dans un de ces hôpitaux mouroirs comme il en existe sur Phnom Penh. Je n’ai pas d’autre choix que de convoquer la mère et la grand-mère afin de leur annoncer la terrible nouvelle et leur demander l’autorisation d’en parler à Vichey. Après leur accord tacite, je me demande comment je vais aborder la chose. Le gamin vit à la maison, n’a pas de projet professionnel et je dois lui annoncer qu’il va désormais lutter contre une fichue maladie avec laquelle il lui faut apprendre à vivre. Il est utile également que j’aborde la question d’un éventuel traitement si le virus s’avère actif contre le foie. Et je ne sais même pas si l’association aura les moyens, sur le long terme, de payer les médicaments et le suivi biologique nécessaires.


L’entretien se déroule en présence de l’assistant social, Chantha qui fait office de traducteur et de Julie, infirmière bénévole au Centre pour trois mois. Je suis mal à l’aise pour commencer l‘entretien. Connaissant déjà la situation du gamin,  j’ai l’impression d’être celui qui va définitivement lui enfoncer la tête sous l’eau, celui qui va détruire ses derniers rêves hypothétiques. Je repense furtivement : Taramana, une lueur d’espoir pour les enfants du Cambodge. Comment éviter de souffler le vent glacé qui va éteindre cette lueur dans les yeux de cet adolescent déjà bien mal en point ?

Juste avant de prendre la parole, il me vient une idée. Je vais certes lui dire toute la vérité, rien que la vérité, mais en utilisant des mots simples et en soutenant que Taramana sera toujours là pour le soigner. Je vais insister sur le fait qu’il est parfaitement possible de vivre et travailler en étant porteur du virus. Parfois, une simple surveillance suffit sur de longues années, sans qu’aucune manifestation clinique de la maladie n’apparaisse. Et puis je vais lui proposer de l’aider, avec la participation de Chantha, à trouver un travail comme serveur, puisque l’idée semble lui convenir. Je sais que cette proposition dépasse le cadre de mes attributions, mais je ne peux me résigner à en rester à la simple annonce du diagnostic.


Vichey ne montre aucun signe exprimant de la surprise ou de la stupeur. J’emprunte résolument un ton optimiste et une volonté affirmée de l’aider aussi bien sur le plan médical que dans son quotidien morne. La semaine prochaine, Vichey ira faire sa prise de sang avec Julie à l’institut Pasteur et quelques autres examens complémentaires. Je le reverrai avec les résultats. Il pourra compter sur l’aide de Taramana. Nous allons faire notre possible pour trouver des solutions. Nous espérons que la chance va lui sourire, comme il sait si bien nous sourire.


J.D

Par Taramana
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Mardi 12 février 2 12 /02 /Fév 05:52

BRAK phearom 4Depuis le début du programme de parrainage individuel lancé par  Taramana en 2006, plus de 260 enfants ont été pris en charge par l’association sur des périodes plus ou moins longues. A ce jour, près de 160 enfants sont actuellement toujours parrainés et plus d’une quarantaine d’enfants du quartier de Boeng Salang (souvent leurs frères et sœurs) peuvent accéder gracieusement au Centre pour suivre des cours de langues, s’inscrire à toutes les activités artistiques et sportives proposées et également bénéficier du repas de la cantine du midi.

Il est à déplorer que l’association ait dû, après plusieurs enquêtes approfondies par l’assistant social, prendre des décisions difficiles et souvent douloureuses concernant l’arrêt du parrainage de certains enfants. Pour être parrainé, plusieurs conditions doivent être respectées et en particulier la scolarisation à l’école publique ou l’inscription à une formation professionnelle (FP) . Seul hic : l’accès à une FP nécessite d’avoir au moins validé le niveau 9 (3ème en France).


Les « déparrainages » survenus ces dernières années sont liés, pour la grand019.JPG majorité, au déménagement en province de la famille de l’enfant concerné. La conséquence directe est l’impossibilité d’assurer le suivi scolaire, tout comme la distribution de riz, ainsi que l’accompagnement socio-médical malheureusement. La règle stipulant que le déparrainage devenait systématique au-delà d’un périmètre de 10 kilomètres autour du centre n’a pris effet qu’en 2008, ce qui a valu à une trentaine d’enfants parmi les plus éloignés et les plus anciens d’être maintenus au sein du programme de parrainage.


L’association informe le parrain ou la marraine de France du déparrainage de leur filleul dans les 3 à 4 mois qui suivent la douloureuse décision. Cette dernière peut cependant être révisée selon les circonstances, en fonction des allées et venues de la famille, parfois indécise dans sa volonté ou non de rester en banlieue de Phnom Penh.

SONG meng hour 1Bien entendu, il est toujours proposé aux parrains/marraines de France de parrainer un nouvel enfant du bidonville ou bien d’accéder au programme de parrainage collectif qui finance des projets ad hoc, la formation professionnelle ou les études supérieures des élèves ayant franchi l’étape du baccalauréat. Il est parfois difficile pour le parrain de France d’accepter le « deuil » de sa relation avec son filleul exclu de l’association et on le comprend aisément. Mais dans la plupart des cas, l’association se réjouit de compter des parrains compréhensifs et toujours prêts à soutenir des enfants dans le besoin avec le contrôle direct et nécessaire, voire indispensable, que nous opérons par le biais de l’équipe cambodgienne et du Directeur français présents sur le terrain.

Outre la raison géographique, la seconde raison qui nous conduit à stopper le parrainage de l’enfant est la conséquence du choix de la famille de déscolariser leur enfant pour l’envoyer travailler et ramener un salaire aussi modeste soit-il à la maison. Dans un milieu où la famille survit au quotidien plus qu’elle ne vit, l’aide apportée par Taramana est alors considérée par les parents comme insuffisante. Nous ne pouvons cependant qu’essayer de les convaincre de maintenir l’enfant en milieu scolaire.


philippe-0409.JPGLes parents ne savent pas trop ce qu’ils vont manger le soir même ou le lendemain. Certaines familles croulent sous des dettes contractées avec des intérêts faramineux de l’ordre de 10 à 20% par mois. Autant dire qu’ils éprouvent toutes les peines du monde à rembourser les intérêts du mois sous la pression tenace d’usuriers peu scrupuleux.

C’est la raison pour laquelle, un salaire de plus venant d’un adolescent en âge d’aller travailler à l’usine (textile pour les filles, bâtiment pour les garçons) n’est pas du luxe. Nous ne pesons pas lourd dans la balance pour dissuader la famille d’avoir à prendre la bonne décision pour leur enfant, pourtant destiné à un avenir prometteur. Malheureusement, il nous faut accepter nos limites et vivre avec.

Depuis 7 ans que l’association existe, nous devons quand même nous réjouir d’une chose pour ces enfants : ils auront suivi une scolarité plus longue que leurs aînés, auront passé de sacrés bons moments au sein de l’association, et auront bénéficié d’un apport médical et nutritionnel non négligeable. La porte du Centre ne leur sera jamais fermée et rien n’exclut de revenir en arrière et d’étudier, si besoin, une nouvelle situation pour eux.


Comme pour beaucoup de choses, nous nous devons de faire mieux avec le temps, d’améliorer ce qui est possible de réaliser à la hauteur de nos moyens et de nos forces. Il est prévu, dans les prochaines années, de mettre plus de moyens pour une meilleure orientation des enfants et ainsi les aider à suivre une carrière professionnelle plus ambitieuse que celle projetée par leurs parents. Cela sous-entend un meilleur travail de proximité, avec une plus philippe-1402.JPGgrande implication des familles dès le début du parrainage, afin de les convaincre d’une feuille de route pour leur enfant. C’est un travail de communication et d’information. L’accès au micro-crédit, l’information sur l’épargne, le rapprochement avec des structures publiques ou privées  participant à la formation professionnelle,  ainsi que le renfort de nos partenaires financiers sont autant d’enjeux futurs pour Taramana, afin d’éviter l’échec du déparrainage des enfants. On peut avoir raison d’être optimiste car ce jeu là en vaut bien la chandelle.

 

J.D

Par Taramana
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Mercredi 16 janvier 3 16 /01 /Jan 04:57

 

 

philippe 2365Après 5 aéroports, 4 avions , 24 heures de voyage, un bon somme récupérateur, nous voilà dans la fourmillière de Phnom Penh connu pour ses embouteillages redoutables. Expérience rare : le transport en tuk tuk dans le sens de la circulation ou à contre-sens. Sur l’inimitable boulevard Monivong, les gens arrivent de partout, à droite, à gauche, en travers, là où on les attend pas. Mr Din, mon chauffeur attitré et guide émerite ne montre aucun signe de nervosité ni d’affolement alors que je cherche desespérement une ceinture de sécurité que je ne trouverai pas.


Mon voyage avait un double objectif : découvrir le Cambodge et aller visiter le Centre Taramana au Nord de Phnom Penh.


philippe 2385Membre bienfaiteur avec mon épouse Magdeleine, j’avais à coeur d’aller voir le nouveau terrain récemment acquis dans la perspective du futur Centre et rencontrer l’équipe locale désormais dirigée par le nouveau Directeur, Thomas Leduc.


Première impression en arrivant au Centre : j’étais agréablement surpris. Très propre. Tout est bien rangé en ordre. Les salles de classe sont bien équipées, les enfants disciplinés, attentifs et respectueux en toutes circonstances. J’ai l’occasion d’assister aux cours de français dispensés par philippe 2398Mr Pheak, responsable pédagogique. Les cours me paraissent très professionnels et le professeur a un excellent contact avec ses élèves.  Durant mon séjour, je n’ai observé aucun élève se grattant la tête alors qu’on m’avait annoncé une abondance de ces petites bêtes hématophages. Pour donner le change aux esprits chagrins, je tiens également à signaler que les chemises étaient bien blanches et les uniformes du plus bel effet.


L’organisation du moment fort d’une journée au Centre reste le moment de la cantine. Tous les enfants se réunissent sur le coup de 11 heures. Après avoir émargé auprès de l’assistant social, s’être lavé les mains, ils montent sur la terrasse couverte pour prendre leur déjeuner sous forme de self. Tout se passe à merveille sous le contrôle de Mme Hin et de Mme Phirun, mères de quatre enfants parrainés au Centre. Nous déjeunons sobrement avec le staff, le menu étant le même que celui des enfants avec l’incontournable riz (très bon par ailleurs), un plat à base de viande et légumes et de délicieux fruits .


philippe 2382Invité à prendre la parole lors du rassemblement de 13h pour le groupe d’enfants venant au Centre l’après-midi, je crois opportun de relater ma visite du Musée Tuol Sleng la veille, ancien lycée français reconverti malgré lui un un triste et célèbre centre de torture où ont été massacrés plus de 15 000 personnes sous la Direction d’un certain Duch. Je leur dis en ces termes: “Hier, vous aviez les horreurs de Pol Pot. Aujourd’hui, vous êtes le sel de la Terre, l’espoir du Cambodge, profitez de la chance d’être pris en charge par le Centre pour recevoir soins, nourriture et savoir. Demain, c’est vous qui assurerez l’avenir du Cambodge’’.  A ma grande surprise, je suis applaudi. Un petit bonhomme de 12 ans en paraissant huit sort des rangs, se plante devant ses camarades, commande un garde-à vous et entonne un chant repris en coeur par tous les enfants. Le professeur de français me souffle que c’est l’hymne national cambodgien. Un temps fort avec beaucoup d’émotion. Je les remercie et les enfants rentrent au Centre toujours dans une discipline parfaite.


Nous enchainons avec la visite du nouveau terrain à quelques encablures de l’actuel Centre en plein coeur du bidonville. Il semble parfait pour accueillir de nouvelles installations. Rectangulaire, faisant près de 1000 mètres carrés, en retrait de la route principale assurant ainsi sécurité et tranquillité, il semble pouvoir répondre à tous les besoins y compris la possibilité d’un terrain multisports. Je suis particulièrement heureux de l’acquisition d’un tel emplacement pour l’association.


J’ai également noté avec plaisir que Taramana entretient des relations amicales avec d’autres ONG et en particulier  l’association Toutes à l’école qui permet actuellement à plus de 700 petites filles de mener une scolarité normale. Ma rencontre avec Mme Mai, Vice présidente de cette association, fut pour le moins passionnante tant cette dame m’a inspiré respect et admiration au vu de son parcours hors du commun.


philippe-2677.JPGAprès une savoureuse expédition aux temples d’Angkor, intermède touristique dans la trèpidante ville de Siem Reap, j’ai eu l’occasion de retourner au Centre le premier dimanche d’octobre pour assister à la distribution mensuelle de riz aux familles. Distribution de près de 3 tonnes de riz, multivitamines, comprimé de déparasitage intestinal, 2 uniformes pour chaque enfant, matériel scolaire pour l’année, savon, dentifrice, brosse à dents et remise exceptionnelle philippe 2839d’une enveloppe d’argent aux familles pour la rentrée scolaire.  Je reste admiratif de la gentillesse, la bonne humeur et la ‘’zénitude’’ affichée aussi bien par les enfants que par leurs parents. Je suis surpris que certains enfants, parmi les plus grands participent au remplissage des sacs de riz, à la distribution générale des produits offerts, au rangement et à la propreté du Centre à la fin de la matinée.


En résumé, j’ai vécu une expérience agréable, enrichissante et réconfortante sur le genre humain. Pendant tout ce séjour, j’ai été fidèlement accompagné par le jeune Vuthny qui s’est rendu disponible pour m’accompagner un peu partout en ville dans les différentes visites des Musées de Phnom Penh. Elève au Centre Taramana, Vuthny parle couramment le français (il vient d’avoir son diplôme à l’Institut français) et se débrouille très bien en anglais. Véritable ange gardien dans les passages difficiles aux côtés de son papa, Vuthny est un jeune homme très prometteur faisant preuve d’une grande maturité.


philippe 2728Tout cela a été rendu possible par le Dr Jocelyn Dordé que je remercie de tout coeur pour ces temps forts auxquels je repense souvent. Avec la tentation d’y revenir peut-être un jour…

 

Philippe LAXTON

Ancien Maire de Brantôme (24)





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